« Madame, je suis très heureux de faire la connaissance d’un des monuments de paris » Un député de paris qui en deviendra le Maire.

 

Une affaire de cœur

 

La vie de cette petite fille rêveuse qui aimait tant les promenades quercynoises avec son grand père (qui l’appelait Ophélie), s’éveilla à l’école Paul Colin. Son gout des autres cultures s’éveilla ensuite en Iran ou elle passa une année. Sa vie professionnelle commença 8 jours après la mort accidentelle de son frère de 2 ans son ainé et en rencontrant Daniel Cordier, ancien résistant, secrétaire de Jean moulin pendant la guerre et grand amateur d’art. Leur rencontre dans sa galerie de la rue de Miromesnil, à l’époque l’une des plus en vue de la capitale allait bouleverser sa vie…
Daniel Cordier était un amoureux de la peinture qu’il avait su révéler à toute une génération plus ou moins de sons âge, par sa sensibilité, son choix et son éclairage sur une peinture peu connue.
Après y avoir rencontré le père de ses enfants, elle décida de se lancer dans l’encadrement et la présentation d’objets d’art. La galerie « Claude de Muzac » ouvre donc à st germain des prés en 1961. Ses premiers clients sont des amateurs d’art (donc un grand armateur de Marseille Augustin envoyé par césar). Sa première lettre de noblesse, Claude de Muzac encore à la galerie Cordier l’obtint en encadrant une exposition d’Henri Michaux.
Elle renouvela totalement l’art du « soclage » considérant que cet art caché demandait la plus grande humilité, osant mettre des matériaux nouveaux au service de pièces parfois millénaires. C’est la peinture, le dessin ou l’objet qui devait être vu, la mise en valeur ne faisant que l’accompagner.
Avec son atelier dans le marais et ses artisans, elle va développer une recherche unique dans l’association de matériaux tels que différents métaux, le verre puis le plexi avec une approche innovante. En 1968, alors que paris bouillonnait, notamment a st germain des prés et aux quartiers latin, voisins, elle imagina une exposition qui fera date « la fête des pierres pauvres » transformant de petites pierres qu’elle avait collectionné en bijoux précieux. L’exposition eu lieu dans sa galerie boutique rue de Bourbon le château. Elle laissa l’emblème de cette exposition, en faisant agrandir un bijou en or gris et ammonite millénaire en une immense sculpture en résine et acier poli, qui orne toujours la Maison Rose à l’arrière de l’abbatiale. Une trace érigée aujourd’hui en monument que l’on vient photographier du monde entier.
Cette exposition attisa sans doute l’envie d’un collectionneur de bijoux qui fit appel à des experts du cambriolage ! Un seul sur 68 modèles échappât au saccage et l’attendait sagement dans la nuit (celui qui figurait sur la carte d’invitation). Quand Max Ernst reçut cette carte, il lui téléphona en lui disant qu’il l’avait posée dans sa bibliothèque comme un objet. Puis elle ouvrit dans la belle voute sous sa galerie, une caverne d’Ali baba avec des objets anciens qu’elle rencontrait et présentait. Ce fut une réussite et une clientèle vint du monde entier voir et acheter ses objets uniques déjà bien mit en valeur.
L’Elysée, le Vatican, le palais du Shah d’Iran, ceux du royaume d’Arabie saoudite, des galeries d’art, des musées, des artistes célèbres (Peter o’Tool, Philippe Noiret …) de grandes personnalités de l’industrie et des medias, de jeunes collectionneurs anonymes se pressent alors dans cet univers chaleureux ou une artiste sensible et attentive avait toujours grand plaisir à les conseiller.
Les témoignages affluent et le bouche à oreille s’intensifie. Dans les année 70, un responsable du Musée du Louvre vint même lui demander de passer 3 journées par semaine dans le grand atelier en dehors de paris… pour apporter des idées à l’excellent travail des artisans. Claude de Muzac fermera ses deux boutiques de st germain des prés en 1997 après 35 ans au service de l’objet d’art au cœur de paris.
Personnalité incontournable de ce quartier qu’elle voyait changer non sans une certaine nostalgie, elle décida d’y habiter désormais et continuer de conseiller de grands projets décoratifs pour les Musées et l’industrie. Mais seulement quand le cœur y est.
Car l’amour des choses est comme l’amour des gens, toujours et d’abord, une affaire de cœur.

Edouard de Broglie